Vidéothèque



Nuit des temps, ellipse temporelle : end of times .
                               
                                                                 


Le temps, cet ouvrier mystérieux qui court,
au cabestan du ciel va donc s'arrêter court,
la lumière, l'aimant, la sève, l'atmosphère,
vont se déconcerter et ne savoir que faire
du gouffre contenant l'heure, le temps, le lieu,
à telle page l'âme, à telle page Dieu,
l'imposture, lugubre et redoutable Esprit,
tout le mouvement va s'interrompre transi,
ce théâtre où le vent combat la trombe enfuie,
et tâche de trouver le divin manuscrit.
C'est la femme. Elle est spectre et masque, et notre sort
est traversé par elle, elle entre, flotte, et sort.
Par quelle issue,
cette apparition aperçue
s'est-elle dérobée ? Est-ce un souffle de nuit
qui semble une âme errante et qui s'évanouit
terrible, raillant l'homme et le faisant petit ?
Quel vivant l'a jamais touchée, saisie, tenue ?
Qui donc amènera le grand masque inconnu ?
Cite-la ( Yousra ) qu'elle vienne. Elle a la marche lourde,
toi l'homme es-tu de taille à forcer cette sourde 
d'entendre à travers l'ombre et la nuit ton appel ?
La harcèleras-tu, inhumain, du fer de ton scalpel ?
Qu'a t'elle de commun, dans sa tranquillité,
avec toi le mensonge, elle la vérité 
ainsi qu'une obscure fenêtre
afin de te montrer l'autre côté de l'être,
les portes du tombeau dont nous ne distinguons
que si confusément les verrous et les gonds ?
Yousra est la mort .
Et le peuple s'évapore
sous ces voûtes de brume où tourbillonne l'heure,
où le temps filtre et coule et, goutte à goutte,  pleure,
où, minute à minute, hier, aujourd'hui, demain,
on entend dans la nuit tomber le genre humain.
Oui, c'est vrai la poète est puissante. Qui l'ignore ?
L'Esprit, force et clarté, sort de sa voix sonore
au devant des combats et des drapeaux mouvants
et traînant après elle un peuple mort dans les vents .
​​
Que viens-tu demander à ce monde nocturne ?
Un Dieu ! Pourquoi viens-tu plonger ta main dans l'urne ?
Ah ! C'est l'obscurité, c'est la source profonde,
que ton œil veut scruter, que veut fouiller ta sonde,
ô songeur dont la nuit hérisse les cheveux !
Ah ! C'est l'énigme Dieu qui t'occupe, tu veux
aller au fond ! Tu veux voir clair dans la nuée !
Vider l'ombre ! Il te faut, pauvre âme exténuée,
cette science là...
Le certain, c'est que  seule Yousra
connait le maçon qui posa dans le vide
dans la direction de l'idéal splendide
les lettres de l'antique alphabet, ces degrés
par où l'esprit humain monte aux sommets sacrés,
ces marches d'or de l'escalier Pensée .
La grande pyramide ici serait la borne
où le taureau courbé vient aiguiser sa corne...
Quel joueur gigantesque a laissé là ce dé ?
Un mort dort dans un angle, un autre est accoudé...
Homme, ombre, tu n'as point ton explication,
l'homme pour l’œil humain n'est qu'une vision
et quand tu veux remonter de ta langue à ton âme,
savoir comment ce bruit se lie à cette flamme,
néant . Ton propre fil en toi-même est rompu,
en toi, dans ton cerveau, tu n'as pas encore pu
ouvrir ta propre énigme et ta propre fenêtre,
tu ne te connais pas et tu veux me connaitre .
Voyant sans regard, triste magicien,
tu ne connais pas ton verbe et veux savoir le mien !
Tu regardes le ciel, l'Etre, l'éternité
et tu ne comprends pas et tu dis dépité :
la lumière ici-bas manque et c'est Dieu qui l'ôte
Dieu veut ne pas être vu par l'homme, est-ce la faute 
de l'océan s'il est trop grand pour le nocher ?
Dis, crois-tu que Dieu prenne la peine de cacher
dans les immensités sa gloire et sa puissance ?
Crois-tu que l'univers est une réticence ?
C'est à toi d'en trouver le sens...
Homme tu ne vois pas le céleste et c'est triste,
il se voile à tes yeux de chair mais il existe :
quelque grand négateur habitant ce caveau
ayant tous les rameaux de Pan dans le cerveau
qui t'appelle du geste, ô fatal curieux,
et dérange les plis du ciel mystérieux
te montre à l'endroit noir que l'être a pour milieu
cette tête de mort épouvantable : Dieu .
Vois-tu le ciel pencher et crouler quelque part ?
Comptes-tu par hasard ?
Dis, crois-tu que les uns seront mal, d'autres biens ,
que les uns auront tout, les autres n'ayant rien,
ceux-ci sans pain, ceux-là couvrant de mets leurs tables
et qu'il ne viendra point des reflux redoutables ?
Attends le dénouement, la fin ouvrira le sceau,
quand tu vois le tombeau,
cette pierre fermée et blanche qui repose,
dis ne crois-tu pas voir une paupière close ?
Ce qui fait que tu peux dire sans mal parler :
la tombe va s'ouvrir, ou bien,  va s'éveiller...
Bientôt, demain, la mort terminant mon ennui,
s'ouvrira doucement et je le verrai lui :
une bouche voulant boire un peu d'eau qui fuit
fût-ce au creux de la main fatale de la nuit .
Prends-tu l'inhumanité pour la cause finale 
égarant la patrouille avec le caporal
pour lui livrer combat, sa ressemblance en mal ?
Tu tiendras dans ta main la pomme impériale .

Prends garde, tout ce tas de paille prendra feu,
homme, si tu le mets en contact avec Dieu .
Je contemple les plans sérieux et funèbres
de la face d'énigme et du front de ténèbres :
la bouche est immobile et l’œil est un trou noir.
Silence ! Que sait-on ? Et je frémis de voir...
Dans une thèse humaine ( Legenda : Opus Dei. ) est-il jamais entré ?
Regarde autour de toi, Dieu va t'être montré .
Demande à l'ineffable, au gouffre, au phénomène 
qui peut le raconter dans votre langue humaine ?
Regarde la science exacte est devant toi,
la sainte identité de l'ombre qui flamboie.
N'es-tu pas le voyant dont la prunelle luit ?
Ose donc commander à toute cette nuit
textes sur textes, faits sur faits, pourquoi sur mais
qui a prouvé qu'il n'est point en latin, en français,
en grec, et qui a paraphé son acte de décès .
Voyons, êtes vous sûrs que l'homme ait sur la terre 
le droit de crocheter la porte du mystère ?
Pourquoi ne pas laisser les grandes ailes d'ombre,
songeur, se déployer sur cet univers sombre ?
Pourquoi vouloir leurrer d'un feu qui fuit
l'antique Adam errant dans l'insondable nuit ?
Je sens la vie antérieure,
ai-je mon sépulcre à cette heure
dont s'est rallumé le flambeau
comme moi près de son tombeau ?
Monte à la rencontre de Dieu,
Tu n'y verras que toi-même, Yousra, mon double en mieux .
Tu pleures, mais pour Toi, Yousra, voyante du mystère
ta gloire dans le ciel est ton fardeau sur terre.
Dans vos dévotions que comprend ma pensée,
ne vous détournez pas comme une âme blessée,
Sainte fille du ciel ! Oh non, je n'ai pas ri,
mon cœur de Dieu (Yousra) de tous temps fut l'abris :
l'isolement, l'affront dont un sot nous lapide,
la haine des méchants, cette meule stupide 
a mis des ailes d'aigle à tes épaules d'ange,
Dieu, caché dans la nuit de ton être nous venge
car conscience pure tu es un esprit triste,
oui, ta tristesse persiste .
Bon, doux, tendre j'écarte de ma main
sous tes pieds délicats les pierres du chemin .
Quand un inhumain commet un crime, il tue un ange,
l'ange atteint se transforme et plus tard Dieu le venge
et l'archange est sur terre génie,
pas d'enfer éternel, pas de peine infinie
et par son seul effort deviendra Paradis.

Dieu fit l'homme nouveau moindre que l'homme antique,
Il travaille à l'immense évasion publique,
Il vous dénonce, Seule Il la délivre (Yousra), Il la console (Yousra), Il vous maudit,
de vous à l'intérieur de cet enfer, espace-temps inexistant où n'a jamais été la vie,
 il ne restera rien, tout sera anéanti,
de la liberté Sainte Dieu est l'âpre bandit,
le vent d'orage emporte et sème son Esprit ... 
Qu'est-ce que c'est que cette apocalypse ?
Quelle est cette véritable et Divine vision ?
C'est Yousra ouvrant les cieux de son Absolution .
Qu' Adam s'éveille et voie Ève errer dans l'Eden
puisqu'il faut qu'à la fin un ange triste vienne .
​              Réécrit par Yousra Poésie

                 extrait de Dieu ( V.Hugo)